Macron deux ans au pouvoir: tout devait changer

Les deux premières années du gouvernement Macron ont démontré l'accentuation des politiques libérales en matières économique | Il reste soutenu par les groupes sociaux favorisés: le résultat des élections européennes en sont la preuve

per Renaud Le Berre, 12 de juliol de 2019 a les 11:30 |
Míting multitudinari d'Emmanuel Macron el 2017, quan el moviment En Marche va esdevenir un fenomen de masses mai vist fins llavors. | En Marche
Le bilan des deux années de Macron comme président de la République française est assez mitigé. Il faut rappeler que Macron et son mouvement ont rempli l'espace politique française de façon fulgurante: Macron et La République en Marche (LREM) ont fait éruption, il y a 2 ans et demi, dans la politique française en remettant en cause le monopole politique des partis du pouvoir qui s'étaient repartis au fil des élections le pouvoir en France.

Le PS (Parti Socialiste) et LR (Les Républicains) dont les cadres étaient issus des mêmes élites avaient jusqu'à la une position de duopole sur le marché politique français. La différence principale des politiques de droite et de gauche se portait sur des choix sociaux (mariage homosexuel, égalité hommes femmes...) et non plus sur des politiques économiques. Depuis déjà longtemps, la France avait perdu sans le dire la souveraineté de ses politiques économiques.


Les électeurs après chaque élection se sentaient frustrés que le gouvernement élu ne respecte pas ses fameuses promesses électorales. Ce désenchantement des français ouvrit un espace énorme pour Macron, qui sut fédérer les deux dimensions du libéralisme. À savoir: le libéralisme économique et le libéralisme sociale (choix de vie, libertés individuelles). Le programme se voulait révolutionnaire économiquement et socialement.

Deux ans plus tard, la révolution tant espérée par certain n'est pas tout à fait au rendez-vous. Certes, l'opposition de gauche et de droite est inexistante, mais les réformes ont du mal à se mettre en place et leurs efficiences sont faibles.

Macron a dû reculer sur la réforme constitutionnelle visant à limiter le nombre de parlementaires et introduire une part de proportionnelle aux élections législatives; la démission du très médiatique et charismatique ministre de l'environnement, Nicolas Hulot, a révélé au grand jour le manque de volonté politique du gouvernement de mettre en place une véritable transition écologique en France; le prolongement de la réforme du marché du travail engagé par le président Hollande manque d'ambition et a très de peu conséquence positive sur la création d'emploi stable et de bonne qualité; la réforme de l'assurance chômage et des retraites tout comme la protection sociale marque le passage d'une logique de protection assurantielle à une logique de protection sociale assistantielle -ce qui remet en partie en cause le consensus social issu de la Libération; la politique fiscale a été très mal perçue par une majorité des français; la hausse de la contribution sociale généralisée a entraîné une baisse du revenu des retraités les plus modestes; la suppression de l'impôt sur la fortune sur le patrimoine mobilier a transformé l'image de Monsieur Macron en président des riches...

Mais cette fiscalité si peu équitable a déclenché le mouvement des gilets jaunes qui en décembre a fait vaciller le gouvernement Macron. Durant deux mois, la France s'est retrouvée dans une situation insurrectionnelle. Macron, aidé par une partie des médias et des élites politiques et intellectuelles, a pu renverser la vapeur. Le mouvement des gilets jaunes a fait peur du fait de débordements violents sur Paris et a perdu peu à peu de sa crédibilité. Le gouvernement a cédé sur la taxe sur les carburants et il a organisé un grand débat citoyen afin de recueillir les doléances des français. Macron a repris ainsi la main dans le débat politique français.


Il parait évident que les deux premières années du gouvernement Macron ont démontré l'accentuation des politiques libérales en matières économique axés sur la flexibilité économique et une confiance dans l'autorégulation par les marchés. Mais la politique économique macronienne est loin d'être au goût des économistes comme Philippe Aghion et Jean Tirole, qui lui reprochent son manque de cohérence. Ces mêmes économistes avaient portant inspirés le programme du candidat. Les mêmes élites demeurent au pouvoir, car de gauche comme de droite elles se sont ralliées à la LREM. Mais attention derrière ses échecs, Monsieur Macron reste soutenu par les groupes sociaux favorisés (les CSP plus). Le résultat des élections européennes en sont la preuve.

Pour résumé, nous pourrions reprendre la célèbre phrase tirée du livre le guépard de Lampedusa: "Il faut que tout change pour que rien ne change". En attendant le Rassemblement National a de beau jour devant lui dans une France qui ressemble de plus en plus à un archipel...
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